Un début d'histoire...

Un début d'histoire...♪
L'autre jour je me suis installé devant mon ordi et j'ai commencé à écrire une histoire. Une histoire triste, pour ne pas changer. Une histoire banale, presque ma vie. Une histoire tirée de faits réels, mais très romancée. Tous les personnages de cette histoire sont fictifs.

Libres à vous de laisser des com's. Dites ce que vous voulez, dites-moi ce que vous voulez qui ai lieu dans les épisodes suivants, faites moi remarquer mes erreurs... bref, je me soumets à votre regard.

Bonne lecture


__________.__________.__________.__________.__________.
_____.__________.__________.__________.__________._____

# Posted on Tuesday, 18 March 2008 at 7:22 AM

Edited on Tuesday, 18 March 2008 at 7:35 AM

Chapitre 1

Chapitre 1♪
Brise d'été


J'ai chaud. Les rayons du soleil entre à travers la fenêtre entrouverte dans la petite salle de classe. On est fin mai et l'été se fait déjà sentir. Les élèves écoutent pour la plupart d'une oreille professeur expliquer l'application fastidieuse du théorème de Pythagore. Certain font tourner leurs stylos dans leur main, d'autre dessinent, d'autres encore chuchotent. On arrive à la fin du troisième trimestre et dans la classe règne le relâchement le plus total. Pourtant les profs nous on fait tout un speech il y a même pas une semaine pour qu'on se ressaisisse, mais rien n'y fait. Un grand classique.
Dehors, les fleurs d'un cerisier embaument les alentours d'une agréable odeur de miel. Une mésange chante et un train passe à quelques centaines de mètres, le long d'une voie ferrée décernant la banlieue Nord-Ouest de Paris. En contrebas, les voitures passent à une allure modérée, comme si elles voulaient elles aussi profiter de cette brise d'été. Au loin, une bande de jeunes crient et se chamaillent. Un avion passe dans le ciel, j'imagine les passagers à l'intérieur, ceux qui angoissent après le décollage, et l'hôtesse de l'air qui propose des boissons en tous genres.

« - Bonjour Madame, qu'est-ce qui vous ferait plaisir ? demande la jeune femme avec un sourire engageant.
- Est-ce que vous avez du jus de tomate, s'il vous plaît ? lui répond une dame d'une trentaine d'année, qui vole à destination de New York pour son travail.

Je ne sais pas pourquoi, mais à chaque fois que je prends l'avion, je prends du jus de tomate. C'est un rituel, et si je n'en prends pas, je pars du principe que l'avion s'écrasera. C'est con parce que je suis pas du tout croyant, ni même superstitieux, mais j'ai une telle frousse de l'avion que j'en viens à ce genre de recours. Comme quoi la religion est vraiment là pour occulter les peurs des gens. C'est trop dur d'accepter qu'après la mort c'est le néant, le grand vide, donc on invente le paradis, nettement plus sympathique. Et bien sur, pour que les gens n'osent pas ne pas y croire, on ajoute l'enfer pour ceux qui commettent des péchés. L'homme a toujours eu besoin de croire en Dieu, et je pense qu'il en sera toujours ainsi.

Au mur, une horloge noire et blanche, indique de ses aiguilles en forme de c½ur 14h49 et 57 secondes. Le temps de regarder une fleur rouge voler et se poser sur la route, et il est déjà 14h50. Encore quarante minutes à supporter cette fournaise et ce cours ennuyeux à mourir. J'ai l'impression que quelqu'un frappe les parois de mon crâne avec un marteau. Le mal de tête est à la limite du soutenable. Je m'étale sur mon bureau, entre mon cahier et mon livre de math. Je n'écoute pas le prof et je ne copie pas ce qu'il écrit au tableau, je n'ai pas la tête à ça.

Je regarde ma voisine, Lola. Je suis ami avec elle depuis environ deux ans, et j'ai été longtemps amoureux d'elle, jusqu'à il y a un peu moins de deux mois. Aujourd'hui je ne l'aime plus, j'en suis sûr, mais elle exerce une sorte de fascination sur moi. Je l'adore. C'est une fille exceptionnelle. On a à peu près les mêmes goûts musicaux. Elle m'a fait découvrir de nombreux groupe de rock. Ma musique préférée c'est le screamo, et par-dessus tout, From First To Last, mon groupe préféré. Elle, elle préfère l'emocore plus modéré, le punk aussi. Elle a un caractère très particulier. Elle fait souvent des déprimes, et le lendemain elle délire dans toute la cour, en criant à tous ses amis qu'elle les aime. Elle est très sensible et tombe très souvent amoureuse. C'est simple, elle reste rarement deux mois sans petit ami.

Mes pensées dérives de personnes en personnes de rêves en rêves, et je parviens à oublier mon mal de tête. J'espère que je ne suis pas tombé malade et que je pourrais aller à la répète de mon groupe de rock demain soir. Ca fait déjà six moi qu'on fait de la musique ensemble avec quatre amis, et on a déjà cinq chansons et un myspace à nous. Dans le groupe, le chanteur c'est moi, et c'est moi aussi qui écrit les textes. Je n'en suis généralement pas très fier, mais mes copains aiment bien. Il paraît que j'ai du talent pour écrire. N'importe quoi. Je suis incapable d'écrire quelque chose de joyeux et tous mes textes sont pareils, parlent des même choses, de suicides ou de peines de c½ur. Ma personnalité m'ennuie, ma vie m'ennuie à mourir. J'ai un caractère de merde. Les gens disent que je suis sévère avec moi même et que ça ne sert à rien de penser du mal de moi, mais je n'en pense pas moins. Je me suis toujours demandé ce que mes amis me trouvaient, pourquoi ils traînaient avec moi alors qu'il existe pleins de gens géniaux comme eux.

Un cri du professeur me ramène à Terre. Nicolas lance encore une blague et se tait sous le regard furibond du prof. Je jette un oeil rapide à l'horloge et commence immédiatement mes affaires. Je sais que les professeurs détestent ça mais je n'ai rien de mieux à faire, si ce n'est dessiner des trucs moches sur mon cahier. Ca sonne dans deux minutes et plus vite je serais chez moi avec une aspirine en main, mieux je me porterais. Après une longue pile de devoirs m'attends. Ensuite je pourrais peut-être faire un peu de piano ou d'ordinateur si j'en ai le temps. J'irais peut-être sur Habbo Hotel, un jeu en ligne pour adolescent. On y incarne un personnage que l'on habille comme on veux et on peux discuter et partager avec des adolescents de toute la France, voir du monde entier, sans être juger par son physique ou son passé. Les activités sont très diverses et j'aime bien vendre des morceaux de rock de ma composition. Mais ce jeu me zappe tout mon temps et je trouve ça dommage. Ou aussi, quand j'ai du temps, je fait de la photo. Pas de la photo, « photo », comme on désigne ça d'habitude quand on parle de l'activité professionnelle. Nan, je prends juste des photos marrantes ou que je trouve « conceptuelles ». Je fait souvent des mises en scène pour illustrer mes articles sur mon blog, comme un verre d'eau qui se renverse et l'eau forme un c½ur sur la table. Ce que j'aime le plus prendre en photo, ce sont les voies ferrées. Elles me fascinent. Je peux rester des heures durant sur le pont près de chez moi, au-dessus des voies, à regarder passer les trains les jours de beau temps. Savoir que ces lignes de métal viennent de la gare St Lazare et vont n'importe où... C'est ça qui me fait rêver, ne pas savoir ou vont ces courbes brillantes. On dit que je suis poète, écrivain et rêveur, moi je trouve surtout que je sert à rien et que je ne me pose jamais les bonnes questions.

# Posted on Tuesday, 18 March 2008 at 7:40 AM

Edited on Wednesday, 19 March 2008 at 4:35 AM

Chapitre 2

Chapitre 2
Lola


J'émerge lentement du sommeil profond dans lequel je suis plongé. Je regarde mon réveil qui indique neuf heures et une dizaine de minutes. Le week-end est enfin là. Comme tout les samedis, j'irais au parc vers 15h pour retrouver mes amis. C'est le seul moment où on peut se retrouver en dehors des cours. En plus c'est les seuls après-midis où je peux profiter de ma meilleure amie qui est partie faire sa 4e dans un collège privé. Elle s'appelle Emily. Je la connais depuis, pfiouuuu... au moins dix ans ! C'est la personne à laquelle je tiens le plus au monde.

Je bouquine une petite demie-heure avant de me lever, les yeux encore embués par le reflets de mes rêves tumultueux. Je vais au salon et je m'avachis devant la télé où mes frères et s½urs sont déjà assis à regarder KD2A. J'ai un frère, Martin, qui a six ans et une s½ur, Mika, qui en a douze. Je ne sais pas pourquoi mes parents se sont autant éclatés pour trouver les noms de leur premier gosses et pourquoi ils ont donné un nom aussi banal a mon frère. Nathaniel, Mika et Martin. Remarquez, c'est pas si mal qu'il est un prénom banal, parce-qu'en fait il est vraiment banal. Ma s½ur et moi on est rêveurs, jamais là où il le faut et on fait toujours tout de travers. On a cinq cent mille projets en même temps et on ne les aboutis jamais. Martin lui il est super intelligent, il est appliqué et ordonné, fait toujours tout comme il faut. Comme je l'envie. Il ressemble à un adulte qui aurait conservé son innocence d'enfant. Il n'accorde aucune importance au sentiments où à ce qui l'entoure, il préfère passer ses journées enfermé à faire des choses que n'ont pas l'habitude de faire des gamins de son âge.
On attends les parents et on prends notre petit déjeuner, comme tous les samedis matin, puis je m'enferme dans ma chambre pour faire mes devoirs en écoutant de la musique. Au bout d'une heure de travail, je dessine deux trois bonhommes qui donnent l'impression d'être nés du croisement d'une tortue préhistorique et d'un cul de jatte, puis je m'allonge, pensif. Je repense à une phrase alarmante que j'ai vu sur le blog de Lola... ' plus rien ne va comme il faut et j'ai recommencé à faire mes conneries sans pouvoir m'en empêcher'... Cette phrase me fait peur. Lola a en général le chic pour me foutre la trouille, mais là ça m'a l'air sérieux. Ca fait déjà presque deux heures que je suis là à réfléchir quand mes parents m'appellent pour déjeuner.

J'avale mes betteraves et ma quiche loraine en vitesse et je prend congé, muni de deux euros pour acheter quelques bonbons dans la petite épicerie à côté du parc. J'arrive en cinq minutes au parc. La plupart de mes amis sont déjà là. Il y a Lola, Samuel, Benjamin et Kyokô. Je leur fait la bise et je m'installe sur une balançoire à côté de Lola. Il y en a une dizaine ainsi qu'un tourniquet. J'ai tant de souvenir dans ce parc... La fois où Emily c'est cassé deux dents en tombant du tourniquet, quand on était en CP ; la fois où on a fait la connaissance de Kyokô qui venait d'arriver d'Osaka ; la première fois que j'ai tiré sur une clope, sous ce grand chêne que j'aime tant... Tant de souvenirs... Des larmes me viennent aux yeux à l'évocation de tous ces bons moments, de tous ces éclats de rires et de tous ces yeux pétillants, que je vois aujourd'hui en gris dans mon esprit, comme un vieux film... Je me ressaisis et je sèche la larme qui menaçait de couler.
Lola n'a pas l'air dans son assiette.
- Ca va ? je lui demande
- Oui, oui pourquoi ?
- Chais pas t'a l'air triste.
- Ben nan ça va.
Un sourire forcé traverse fugitivement son visage. Pris d'un doute soudain, je me saisis de son poignet. Je retrousse sa manche d'un coup sec. Elle tente de m'en empêcher mais ne réagis pas assez vite. Je manque de pousser un cri, sous le choc. Le poignet de Lola est lacéré de coupures à l'endroit de ses veines.
- Qui t'a fait ça ?
- ...
Elle baisse les yeux et des larmes se mettent à couler sur ses joues pâles.
- Ne me dis pas que... Oh merde ! Mais bordel Lola, qu'est-ce qui t'a pris !!!
- Va te faire foutre Nat'. Me gueule pas dessus comme ça c'est plus fort que moi.
- Mais... pourquoi ?
- C'est... c'est à cause de lui... Il m'ignore tout le temps et quand je lui parle soi il me fout des vents, soi il me réponds « ta gueule ». J'en peux plus...
Elle plonge la tête entre ses mains. Je n'en reviens pas. Jamais j'aurais pu imaginer que Lola se scarifirait un jour... Je la prends dans mes bras pour la consoler et elle se blottit contre ma poitrine. Elle ne tarde pas à inonder mon tee-shirt mais je m'en fout, il fait beau et c'est bien la dernière de mes préoccupations de savoir ce que vont me demander mes parents. Je reste ainsi, sans savoir quoi dire, à caresser les cheveux de Lola dans l'espoir de la consoler.
C'est à ce moment qu'Emily arrive. Elle dis rapidement bonjour à tout le monde et après m'avoir jeté un regard qui signifie 'tu me raconteras ce qui s'est passé après', elle rentre dans la conversation des autres sur une éventuelle sortie dans Paris la semaine prochaine.
Moi je reste là sans rien dire, à me demander pourquoi. Pourquoi ? Pourquoi tout ce malheur pour une seule fille de quatorze ans ? Quand on s'adresse à Lola, on a l'impression de parler à un adulte qui a déjà subit toutes les peines possibles. Pourquoi elle ?

# Posted on Sunday, 06 April 2008 at 1:26 PM